Les confessions d'un soumis - Partie 1 - Promesse d'une symbiose

C’était la Fin de la réunion de copropriétaires que Katherine X avait dirigée avec souplesse et autorité.

J’avais fait sa connaissance quelques semaines avant. Nous nous étions donné rendez-vous à l’agence pour les besoins de la copropriété dont j’étais le président du syndicat. Je l’avais un peu attendue à la réception puis elle était apparue, la quarantaine assurée, souple et ondulante dans le fin tissu de sa robe qui ne faisait qu’animer ses formes fermes et généreuses. Rien de ma personne ne semblait avoir pu échapper à son regard vif et précis. Son sourire à peine perceptible m’avait semblé signifier qu’elle savait d’emblée dans quelle catégorie d’homme vous classer. Après les présentations d’usage, je l’avais suivie dans l’ascenseur. Je m’étais senti maladroit, paralysé par cette proximité et son parfum pourtant discret. Assis face à elle dans son bureau, la naissance du sillon de sa poitrine qui, lorsqu’ elle se penchait, apparaissait dans l’encolure de sa robe annihilait toutes mes facultés critiques au sujet de son compte rendu sur la gestion de la résidence. C’est à peine si j’avais pu formuler vaguement une partie des questions et commentaires que j’avais préparés. Elle avait dû me trouver quelque peu limité et insignifiant. Nous nous étions finalement séparés près avoir fixé la date de la présente réunion.

Les participants, fort peu nombreux, quittaient peu à peu la salle. Elle me rappela, qu’en tant que président de séance, je devais rester signer le compte-rendu. « Ce ne sera pas long » avait-elle-même précisé lors de la sortie des retardataires. Je signais donc les feuillets qu’elle me présentait un à un en résumant leur contenu. Nous étions tous deux face à face, têtes baissées. Et moi j’observais surtout ses doigts aux ongles discrètement vernis qui glissaient sur le papier.

  • Voilà Monsieur A, je pense que nous avons terminé. L’agence est maintenant fermée. Je vais vous accompagner vers la sortie pour vous ouvrir.

Je la suivis dans l’escalier. A l’étage inférieure, elle chercha quelqu’un. Une certaine Nicole qui manifestement n’était pas là. Embarrassée, elle sortit son portable tout en s’adressant à moi, sans me regarder.

  • Excusez-moi. Ma voiture est au garage et la collègue qui devait me raccompagner m’a manifestement oubliée.

La mienne était disponible. Ma proposition de la raccompagner s’imposait.

  • Vous feriez ça ? Cela va vous imposer un détour. Je m’empressai bien sûr de lui dire le peu d’importance du détour en question en n’osant pas ajouter que c’était un plaisir.
  • Bien. Allons-y alors, fut sa seule réponse.

La nuit était tombée. Dans l’obscurité de la voiture, sa robe ne cachait plus que le haut de ses cuisses. Ma main sur le levier de vitesse s’en approchait à les effleurer avant de battre en retraite. Le ton neutre de sa voix quand elle m’indiquait la route marquait son indifférence à mon trouble qu’elle devait pourtant percevoir. Parfois elle bougeait, le tissu se plissait et remontait. La nudité de ses jambes dans l’obscurité la rendait désirable. Elle semblait ne pas s’en apercevoir. Nous montions vers un quartier qui dominait la ville. J’entrai à sa demande dans le parking d’une petite résidence. Elle sortit et avant de fermer la portière, fixa son regard dans le mien.

  • Vous viendrez bien prendre un verre.

Moi ? Elle m’invite. Elle est superbe. Je suis plus âgé qu’elle et quelconque. Pourquoi ? Cela doit être par politesse. L’improbabilité de la situation me rendait complètement stupide.

  • Je ne voudrais pas déranger.
  • Allons, venez !

Jusqu’à présent, il m’était paru évident que la forte attirance que je ressentais à son encontre ne pourrait être réciproque, que toute relation intime avec elle resterait du domaine du fantasme. C’est peut-être pour cela que mon sexe était toujours resté relativement calme en sa présence. Il en fut autrement dans l’ascenseur. Le fait d’être invité chez elle, enfermé avec elle dans la cabine exigüe, avait changé la situation du tout au tout, si bien que Je ressentais mes désirs de façon beaucoup plus précise. Cela se manifestait par ce fourmillement au niveau du bas-ventre et du périnée qui annonçait chez moi un début d’érection. Nous nous faisions face, le faible espace qui nous séparait étaient, pour moi, brûlant. Perchée sur ses hauts talons, elle me dépassait des quelques centimètres qui suffisaient à me sentir dominé. Elle me gratifia d’un sourire entre charme et ironie. Le mien fut probablement proche de la béatitude.

Son appartement se situait au cinquième et dernier étage de l’immeuble. Le salon carrelé de blanc était prolongé par une terrasse qui dominait la ville éclairée jusqu’à l’océan qui se perdait dans la nuit.

  • Vous pouvez nous servir un verre, il y a une bouteille de vin blanc dans le frigo. Cela vous ira ? Les verres sont dans ce meuble.

Puis elle disparut derrière une porte. Je trouvai une bouteille de chablis déjà entamée. Je finissais de remplir les deux verres quand elle revint dans la pièce. Elle avait changé de robe. Celle aux motifs fleuris avait été remplacée par une courte robe noire. Elle s’assit dans un des fauteuils de cuir noir en croisant très haut ses jambes prolongées de ses talons effilés. Ses cuisses étaient largement découvertes. Je lui tendis son verre qu’elle posa sur la table basse. J’étais debout. Le col de sa robe n’était pas très échancré mais suffisamment pour, dans cette position, laisser voir la naissance de ses seins.

  • Asseyez-vous. Et merci de m’avoir raccompagnée

Et là, j’ai osé dire que c’était un plaisir.

  • Vraiment ? Et pourquoi ?

J’ai plus ou moins bredouillé : « votre élégance... votre beauté... oui, c’est vraiment un plaisir »

Indifférente, elle porta son verre à ses lèvres.

  • Vous ne buvez pas ? Ainsi vous me trouvez belle.

J’étais très troublé. Je reposais mon verre.

  • Oui, très belle.

Mon fauteuil était face au sien. Elle décroisa lentement les jambes pour changer de position. Elle dévoila ainsi, un court instant, l’intérieur de ses cuisses et le triangle noir de son slip. Je bandais, le tissu de mon jean se tendait et elle le voyait. J’étais fou de désir. Je me levai et m’approchai d’elle. Quand je me penchai pour l’embrasser, elle pointa son index sur ma poitrine pour me repousser.

  • Qu’osez-vous faire ?

Je m’excusai piteusement.

Je pensais...

  • Vous pensiez quoi ?
  • Rien...
  • Approchez !

J’étais debout, face à elle, majestueuse dans son fauteuil. Du dos d’un index, elle effleura la bosse provoquée par mon érection. J’en eus le souffle coupé.

  • Je vois que je vous fais bander.

Je restai sans réponse.

  • Répondez. Je vous fais bander ?

Notre relation prenait une tournure que j’attendais peut-être sans me l’avouer. Un plaisir irrésistible m’envahissait quand je lui répondis oui. Sa réplique fut calme et sans appel.

  • Oui madame. C’est ainsi que vous devez répondre.

C’est alors que me revint en mémoire son regard, lors de notre première rencontre. Je réalisai c’est à cet instant qu’elle avait mis à jour ma nature profonde. Et moi,, je venais de trouver celle avec qui je pourrai me laisser guider vers mes tendances les plus cachées. Je me sentis fondre. Je m’écroulai à ses pieds que j’embrassai.

  • Oui Madame.
  • Très bien. C’est mieux ainsi. Etes-vous prêt à m’obéir ? A me satisfaire en tous points ? A vous laisser humilier pour mon plaisir ?

La légère rugosité du cuir de ses chaussures, la douceur de la peau de ses pieds que je léchais, ses questions pleines de promesses et, au-dessus, ses genoux qui s’écartaient, tout cela m’étourdissait. Je soupirai un « oui Madame ».