La nuit où j'ai découvert que j'étais perverse

Cannes, automne 2004, une jeune Franco-Québécoise en stage dans cette belle region française. Je ne connaissais personne de mon âge ou presque, j’allais donc pendant mes pause du midi sur des sites de rencontre. Les jeudis soir j’allais à un petit bar appelé le « Midnight », ou un nom similaire, tout ce dont je me souviens, c’est les lumières bleues qui éclairaient l’enseigne et que, les jeudis soirs, c’était ladies nights. Ladies night, signifiait que les « sex on the beach » étaient à volontés. C’était mon bar de rencontre, je prenais rendez-vous avec les hommes à cet endroit là et le propriétaire de l’endroit semblait me reconnaitre. À croire que les femmes en France ne se commandent jamais un pichet pour elles seules... ça a du marquer son esprit. Deux semaines plus tôt j’étais sortie avec ma cousine. Ma cousine est une belle blonde qui attire l’œil, malheureusement, elle et moi ne sommes pas du tout sur la même longueur d’onde, je ne consomme pas de drogues, juste de l’alcool. Elle aime bien ce qui se fume, ce qui se sniffe... moi non. Ma cousine danse autour des poteaux, les hommes sont attirés par elle et sa bande d’amies... moi non.

Il y a deux semaines je suis sortie avec elle. Je me suis retrouvée vers 4h du matin dans un after, étrange lieu... des cages, des poteaux. Des divans et des hommes qui regardent les amies de ma cousine. Moi, assise sur un des divans, je bois. Je regarde avec désespoir tout ce qu’elles font pour parvenir à chercher l’attention. Je suis assise et deux gars s’assoient à côté de moi. Ils commencent à me parler. Je dois sembler être une proie parfaite. Seule, a regarder mes « amies ». Sans doute, cela ne me dérange pas, je n’ai pas eu besoin de jouer la salope pour moi aussi attirer l’attention. Les deux jeunes hommes ont quelques années de plus que moi, ils viennent de Nice. Mon accent les fait rire. On échange nos numéros de portable. Ma cousine accoure et commence à faire un speach « c’est une bonne fille elle, venez pas l’embêter ». Yeah right... pourtant entre vous toutes, ma chère cousine, tu sais très bien que c’est moi qui parait la plus sage, mais qui le suis le moins... Moi qui a décidé que toi et moi allions jouer au docteur quand nous étions jeunes... mais là n'est pas le sujet de l'histoire...

Revenons à cette fameuse soirée. Je rencontre un homme dans ce petit bar. Celui-ci se remplit petit à petit et je m’ennuie affreusement, cet homme est pas très beau, n’a aucune conversation... je vois un homme assis la table d’en face qui me regarde avec attention. Il me fait des clins d’œil, me souris, il constate que je m’ennuie férocement. Un petit sourire moqueur pour le type à côté de moi. Je réponds par mes yeux, ma bouche, mon comportement. Je prends mon portable et j’envoie un sms à Fabien, un des deux gars rencontré dans l’after louche avec ma cousine. « Hey, je suis au Midnight avec un gars vraiment chiant, sort moi de là ». « J’arrive, dans 30 min ». Réponse jouissive.

Mes mimiques à l’homme d’en face continuent pendant ce temps. Puis je vois les deux gars de l’after qui arrivent. Je m’élance au coup de l’un, puis je me rassoie à côté de celui que j’endurais en lui expliquant que le monde est petit, c’est incroyable, des amis a moi.

Les hommes se parlent entre eux. Je bois, je suis heureuse, j’ai la tête qui tourne, je me sens libre. Mon préféré, Fabien, discute vigoureusement avec l’inconnu que je rencontrais cette soirée là. Puis il part vers le bar, parle avec le propriétaire et reviens me voir.

« Tu as trop bu, j’ai dit à l’autre que je te ramenais chez toi, et le proprio m’a dit ce qu’il te servait ». Parfait... quoi ? Pardon ? Rentrer ? NON ! Je ne suis pas d’humeur à vouloir rentrer !

Les deux hommes m’enlacent et me sortent, mains sur ma taille. Je suis au milieu, on marche sur l’allée marchande. Il est tard dans la nuit et la rue est déserte, ça a un côté romantique. Nous parlons, de quoi, je ne m’en souviens plus, ils auraient bien pu me parler de n’importe quoi, personnellement, l’important était que j’étais bien.

Nous tournons vers une petite rue, je n’ai aucune idée où je suis, on rentre dans un bar. En été, ici ça doit être plein... mais c’est désert. Fabien arrive avec un vodka orange, que je prends peu de temps à déguster. J’entretiens mon ivresse avec ferveur, ah cousine, toi qui parait pour la dépravée... tu me gronderais !

Nous sortons, et nous marchons encore dans les rues désertes. Je ris, je suis heureuse. Les deux hommes me font entrer dans une nouvelle discothèque « le divan rouge » ou « Canapé ? ». Peu importe, je ne connaissais pas. J’entre, la pièce est à mon souvenir pas très grande, avec le bar situé au centre et au fond de la pièce, une estrade. Je m’assois avec un nouveau verre de vodka orange arrivé Dieu seul sait d’où. Et je vois un homme déguisé en paillette envahir la scène...

Un bar de transexuel. J’ai vu pour la première fois de ma vie, un homme avec des faux seins. Je suis restée là, à les contempler se trémousser sur la piste en me demandant l’effet que ça ferait de baiser avec l’un d’eux. Assise au milieu des deux hommes, je perdais peu à peu la carte. Un nouveau verre dès que le mien commençait à se vider. Cette galanterie masquée qu’on les français avec les femmes, j’adore. Surtout quand ça m’enivre... Nous sortons de là, il devait être quoi, 3-4h ? Surement. Puis ils me ramènent chez moi. Arrivée devant la barrière de la maison, je leur dit : « hey restez là, je reviens ». Je rentre chez moi, vomis, me brosse les dents, enfile mon pyjama et ressort dans la rue. Écoutez, j’ai beau être une cochonne quand le veux, je reste une femme saoule, ne me demandez pas pourquoi je me suis mise en pyjama... faut croire que je trouvais que j’étais plus confortable !

Je ressors donc, ils sont là, à me regarder en souriant, moi, totalement ivre, en pyjama, fumant leur cigarette respective. Je m’approche et je monte dans leur auto. Fabien embarque aussi, par-dessus moi, et l’autre s’installe en arrière. Mon pyjama tombe. Fabien recule le siège et s’installe accroupi, la tête entre mes jambes. L’autre, m’enfonce sa queue dans la gorge. Petite note, pour ceux qui ne le savent pas, je ne bois plus comme avant, pour éviter justement, de me retrouver dans ce genre de situation.

Pénis en bouche, et entre-jambe mouillée, sa langue tourne dans tous les sens, je ne sais pas trop si toute cette humidité provient de lui, ou de moi. Me connaissant, c’est de moi évidement. On sous-estime toujours l’effet d’un cunnilingus parfaitement exécuté sur une femme ivre. L’autre, toujours à me défoncer la gorge, il pourrait me rentrer une dizaine de gars en même temps que ça m’importerait peu. Je suis en transe. Allez, manges moi, vas-y, frissons, frémissements d’une femme dans une auto, au beau milieu d’une rue, qui se fait utiliser par deux hommes qu’elle n’a vu qu’une seule fois auparavant. Fabien, je suis sa première depuis son ex. Il a des problèmes avec le préservatif. L’autre ne se fait pas prier, il prend la place de Fabien et commence à me pénétrer sans ménagements « salope » échappe t’il. Oh oui mon beau, tu n’as pas idée à quel point ! Fabien nous regarde, il sourit. Tous les vodka-orange ont été rentables finalement. L’autre me bourrine, sans grâce. Je me croirait être une poupée gonflable. Il a besoin d’être vidé, je me fais un plaisir d’être là pour ça. « Wow, j’ai jamais vécu ça avant, tu es trop bon, baises moi ! ». Je mens, il n’en sait rien. Je ne retire aucun autre plaisir que de voir Fabien sourire et me regarder. L’autre fini son déhanchement singulier par un halement caverneux. Il se retire. Il a jouit comme un gros porc. Je souris, Fabien et lui échangent leur place et il me retourne. Fabien s’assoit et m’assis sur lui. L’autre prend le volant et décide de démarrer la voiture. Je suis nue, sur Fabien, dos à lui. Nous nous baladons dans les rues. Je vois à un rond-point des jeunes qui nous observent. Ça me fait sourire, j’ai toujours eu des tendances exhibitionnistes. Fabien me touche, me mord le coup. Il y a pas à dire, je l’aime bien ce gars-là.

Ils me ramènent chez moi. Il me laisse sa carte d’affaire et part.

Le temps a passé et de temps en temps, une fois par an je tape son nom sur Google, voir si je trouve quelque chose. Rien. Même si j’ai oublié sa figure, je n’ai jamais oublié son nom. Je n’ai aucun souvenir de quoi il ressemble.

Puis j’ai écrit ce texte et je viens de rechercher, nous avions 5 ans de différences, moi 20, lui 25. Il habite encore à Nice et l’homme que je vois ne me déplait guère physiquement. Peut-être qu’un jour, dans d’autres circonstances, je lui proposerais de recommencer. Merci Facebook. Est-ce que je l’ajoute : P ? Vais-je oser ? J’ose croire qu’il se souviendra de moi... allez, go. On verra bien !